Quelle ventilation choisir pour quel usage ?

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par Les Experts de l'humidité
VMC double flux © VectorMine - Shutterstock

Pour lutter contre les excès d’humidité au sein d’un logement et assurer un bon renouvellement de l’air intérieur, l’installation d’un système de ventilation est l’une des solutions privilégiées par les professionnels du bâtiment. Il s’agit même d’une obligation dans les logements neufs devant se conformer aux dernières réglementations thermiques (RT2012 et RT 2020).

Il existe de nombreux dispositifs de ventilation, au coût et à la complexité d’installation variés. Lors du choix d’un système de ventilation, les éléments suivants sont notamment à prendre en compte :

  • S’agit-il d’un logement neuf ou en rénovation ?
  • Quelle est la surface du logement, le nombre de pièces et notamment de pièces d’eau ?
  • Le bâtiment bénéficie-t-il d’une bonne isolation, d’une étanchéité à l’air performante ?
  • Dans le cadre d’un logement en rénovation, son organisation permet-elle d’accueillir tous types de dispositifs ? Quelle est la place disponible pour accueillir un caisson de ventilation et des conduits d’aspiration ou de soufflage ?
  • Quel est le budget disponible pour l’achat du matériel et l’installation (recommandée) par un professionnel ?
  • Le système de ventilation doit-il intégrer un dispositif de réchauffage de l’air entrant en hiver ?
  • Le système de ventilation doit-il intégrer un dispositif de rafraîchissement de l’air entrant en été ?

Comparatif des systèmes de ventilation présents sur le marché français

Pour vous aider à faire votre choix, nous avons établi un tableau comparatif des solutions de ventilation actuellement disponibles sur le marché français :

Système de ventilationEntrée / Sortie d’airRéchauffage / Rafraîchissement air entrantDétection hygroCompatible RT2012Usage conseilléPrix pose en rénovation
Ventilation naturelleNaturelle / NaturelleNon / NonNonNonRénovation
VMRNaturelle / MécaniqueNon / NonAu choixNonRénovation2000 à 3000 €
VMC simple flux autoréglableNaturelle / MécaniqueNon / NonNonNonRénovation600 à 1000 €
VMC simple flux hygroréglable ANaturelle / MécaniqueNon / NonEn partieNonRénovation800 à 1400 €
VMC simple flux hygroréglable BNaturelle / MécaniqueNon / NonOuiOuiNeuf1000 à 1600 €
VMC double flux statique / rotatifMécanique / MécaniqueOui / NonOuiOuiNeuf5000 à 9000 €
VMC double flux thermodynamiqueMécanique / MécaniqueOui / OuiOuiOuiNeuf8000 à 14 000 €
VMI ou VPHMécanique / NaturelleOui / NonOuiNonRénovation2500 à 4000 €
VMI ou VPH avec puits thermiqueMécanique / NaturelleOui / NonOuiNonRénovation9000 à 11 000 €
Tableau comparatif des principaux systèmes de ventilation

Nota bene : le prix de la pose comprend la fourniture du matériel.

Récapitulatif des solutions de ventilation disponibles en neuf ou en rénovation

Ventilation naturelle

Concentration d'humidité en haut des murs © Humidite.Pro
Concentration d’humidité en haut des murs © Humidite.Pro

Il s’agit évidemment du système le plus simple et le moins cher à mettre en œuvre, mais celui-ci suffit parfois dans les logements anciens pour assurer une circulation de l’air correcte, permettant d’éliminer les concentrations d’humidité et certains problèmes de condensation. Pour cela, il est nécessaire de percer des ouvertures dans les différentes pièces de la maison afin de créer un flux d’air continu, de l’intérieur vers l’extérieur et vice-versa.

Pour maximiser la circulation de l’air, notamment dans les pièces humides, l’idéal est de disposer une entrée d’air près du sol et une sortie d’air en hauteur : l’air froid arrivant par le bas chasse l’air chaud remontant naturellement. Évidemment, l’amenée d’un air extérieur potentiellement froid est contraire aux préceptes d’une bonne étanchéité à l’air et induit nécessairement une déperdition thermique importante. Le confort des occupants n’est également pas optimal, en raison de la présence de ce flux d’air frais constant.

Enfin, il existe de nombreuses pièces où il n’est pas possible de mettre en place un tel système de ventilation car il n’est pas possible de percer les ouvertures adéquates (pièce aveugle, cave…). La ventilation naturelle est donc conseillée pour les petits budgets et ceux qui souhaitent améliorer simplement et rapidement l’absence de ventilation d’un logement existant.

Ventilation mécanique répartie (VMR)

Fonctionnement d'une VMR © Programme Pacte
Fonctionnement d’une VMR © Programme Pacte

À l’instar de la VMC simple flux, la ventilation mécanique répartie évacue l’air vicié humide des pièces d’eau en le remplaçant par de l’air neuf provenant des pièces de vie.

Mais la VMR ne repose pas, comme la VMC, sur un groupe d’extraction centralisé relié par des gaines aux bouches d’aspiration. L’évacuation de l’air vicié humide s’effectue par des aérateurs motorisés individuels, en contact direct avec l’extérieur. Il y a autant d’aérateurs que de pièces d’eau. Ces aérateurs peuvent disposer d’une détection hygrométrique et tourner de façon intermittente ou permanente.

L’entrée de l’air neuf extérieur se fait naturellement dans les pièces de vie (salon, séjour, chambres, bureau) via des ouvertures créées en haut des fenêtres. En raison de la déperdition thermique engendrée par ces entrées d’air extérieur, le système n’est pas éligible aux dernières réglementations thermiques. Il peut par contre être parfaitement installé dans le cadre d’un logement en rénovation, ne bénéficiant pas d’une parfaite étanchéité à l’air.

Ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple flux

VMC simple flux

La VMC simple flux est le système de ventilation mécanique le plus installé en France depuis plusieurs dizaines d’années. Il repose sur une circulation d’air entre les pièces de vie, via des entrées d’air naturelles (par exemple : grilles d’aération), et les pièces d’eau, via des bouches d’extraction reliées à un caisson de ventilation central motorisé, qui évacue l’air vicié humide en toiture ou en façade.

Un système de VMC simple flux crée mécaniquement une dépression d’air au sein du logement, compensée par l’amenée naturelle d’air neuf. Au cours des années, les VMC simple flux se sont perfectionnées avec l’apparition de dispositifs autoréglables puis hygroréglables de type A et de type B. Seuls ces derniers sont éligibles à la RT2012 et peuvent être installés en neuf. Les autres dispositifs, autoréglables ou hygroréglables de type A, sont par contre parfaitement adaptés à une installation en rénovation.

De manière générale, la VMC simple flux a fait ses preuves depuis de nombreuses années en matière de ventilation. Elle nécessite néanmoins un entretien régulier pour maintenir des performances de débit conformes à la réglementation établie en 1982.

Ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux

VMC double flux © VectorMine - Shutterstock

La VMC double flux est le plus élaboré des systèmes de ventilation disponibles pour le grand public.

Celui-ci reprend le principe de la VMC simple flux en y adjoignant des entrées d’air mécaniques. C’est à dire qu’en plus des bouches d’extraction d’air vicié dans les pièces de service, un dispositif de VMC simple flux comporte des bouches de soufflage d’air « neuf » dans les pièces de vie.

Comme les bouches d’extraction, ces bouches de soufflage sont reliées par des conduits à une unité double de ventilation au sein de laquelle se trouve un échangeur de chaleur. Cet échangeur de chaleur permet de récupérer les calories contenues dans l’air vicié humide pour préchauffer l’air extérieur avant qu’il soit envoyé à l’intérieur du logement. En plus d’être préchauffé, cet air extérieur est filtré afin qu’il soit le plus sain possible.

Si la VMC double flux de base se contente du dispositif avec échangeur de chaleur, la VMC double flux thermodynamique y adjoint une pompe à chaleur air/air permettant de réchauffer encore plus l’air entrant, mais surtout de le rafraîchir en été, lorsque les températures extérieures sont élevées.

Pour réaliser des économies d’énergie plus importantes, il est possible de coupler une VMC double flux avec un puits thermique captant selon la saison la chaleur ou la fraîcheur du sous-sol.

Le système de VMC double flux est conforme aux dernières réglementations thermiques et est donc préconisé pour une installation dans un logement neuf. Il est aussi possible de l’installer dans un logement en rénovation, mais ce dernier doit disposer d’une très bonne isolation et étanchéité à l’air, ainsi que de la place disponible pour installer l’unité de ventilation et les conduits calorifés.

Ventilation mécanique insufflée (VMI)

VPH (ventilation positive hygrorégulée)

Contrairement à la VMC simple flux, la VMI fait partie des systèmes de ventilation positive. C’est à dire que, pour « forcer » le renouvellement de l’air intérieur, l’évacuation mécanique de l’air vicié est remplacée par une insufflation mécanique de l’air extérieur. Cette insufflation mécanique, via des bouches de soufflage, permet de créer une surpression dans le logement, compensée par des sorties d’air naturelles installées en hauteur dans les différentes pièces.

L’air provenant de l’extérieur est filtré et réchauffé par une résistance avant d’être insufflé dans le logement. La VMI participe donc au chauffage de la maison.

De manière générale, les systèmes de ventilation positive sont beaucoup moins installés en France, mais le marché se développe petit-à-petit. Les atouts principaux de ces systèmes sont la simplicité d’installation et les fonctions de filtration et de réchauffage de l’air entrant. À noter qu’un dispositif de VMI peut aussi être couplé à un puits thermique afin d’augmenter de façon importante ses performances énergétiques. Côté inconvénients : un manque de recul sur l’efficacité de ces dispositifs sur le renouvellement d’air et le risque de dommages collatéraux engendrés par une installation mal conçue ou mal adaptée au logement, en raison du phénomène de surpression (création de zones où l’air humide ne parvient pas à s’échapper).

Ventilation positive hygrorégulée (VPH)

La ventilation positive hygrorégulée est basée sur le même principe que la VMI. Seul point de différence : l’air extérieur est soufflé dans le logement à partir d’un unique point central, alors que la VMI insuffle cet air neuf via différentes bouches de soufflage situées dans différentes pièces. La VPH est aussi un acronyme promu par un fabricant concurrent de celui de la VMI.

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