VMR : la ventilation mécanique répartie

Accueil Quelle ventilation choisir pour quel usage ? VMR : la ventilation mécanique répartie
par Les Experts de l'humidité

Parmi les systèmes élaborés pour renouveler l’air de sa maison, la VMC, ou ventilation mécanique contrôlée, est le plus connu et le plus installé dans les logements en France. Pour autant, ce n’est pas la seule solution disponible sur le marché. Il existe également la VMR, ou ventilation mécanique répartie, particulièrement adaptée aux logements en rénovation.

Qu’est-ce que la VMR et comment fonctionne-t-elle ?

Fonctionnement d'une VMR © Programme Pacte
Fonctionnement d’une VMR © Programme Pacte

Acronyme désignant une ventilation mécanique répartie, la VMR permet d’évacuer l’air vicié humide des pièces de service – salle de bain, toilettes, cuisine – en le remplaçant par de l’air neuf provenant des pièces de vie – chambres, salle à manger.

La VMR « force » la ventilation naturelle en imposant un flux d’air des pièces les plus sèches aux pièces les plus humides.

Contrairement à la VMC, nécessitant une installation centrale composée d’un groupe d’extraction motorisé et de gaines reliées aux différentes pièces du logement, la VMR repose sur la présence d’aérateurs individuels dans les pièces d’eau, qui tournent en permanence ou de façon intermittente selon les besoins et les modèles. Pour compenser cette extraction d’air et la dépression engendrée, un apport d’air extérieur se fait via des entrées d’air situées en haut des fenêtres dans les pièces à vivre.

Comment installer une VMR ?

L’installation d’un système de ventilation mécanique répartie est relativement simple. Il a par contre besoin d’être entretenu régulièrement pour fonctionner efficacement.

L’installation d’une VMR

Schéma d'installation d'une VMR © Programme Pacte
Schéma d’installation d’une VMR © Programme Pacte

La première chose essentielle à savoir, c’est que la VMR a été exclue du champ d’application des constructions neuves depuis la réglementation thermique RT2012. Il n’est donc plus possible de l’installer dans le neuf. Seules les maisons rénovées peuvent accueillir ce type de système.

La réglementation définit une procédure à suivre pour l’installation, ainsi que des normes à respecter pour les appareils de VMR. Ceux-ci doivent être conformes à la norme « NF » et au label « Promotélec Rénovation Énergétique ».

L’installation d’une ventilation mécanique répartie nécessite la pose :

  • d’aérateurs motorisés, installés sur des murs extérieurs ou sur des conduits reliés également à l’extérieur (notamment pour les pièces de service entourées de cloisons intérieures). Il est également possible d’installer de simples bouches d’extraction reliées à des conduits à l’extrémité desquels se situe les aérateurs proprement dits ;
  • d’entrées d’air passives intégrées à l’aide de mortaises dans les traverses de fenêtres ou les coffres de volets roulants, ou directement dans la maçonnerie en partie supérieure, pour insuffler l’air extérieur dans les pièces de vie.

Évidemment, l’installateur doit veiller à ce que l’air circule entre les pièces de vie et pièces de service via des passages de transit en bas des portes de communication, notamment la nuit. Si nécessaire, un détalonnage des portes peut être réalisé : 1 cm pour les sanitaires et les chambres, 2 cm pour la cuisine et le séjour.

L’installation électrique des aérateurs doit être réalisée conformément à la norme NF C15-100. La plus grande prudence s’impose puisqu’il s’agit d’installations électriques dans des pièces d’eau. La puissance des aérateurs est fixée à 10 watts maximum pour la salle de bain et les WC, et à 15 watts pour une cuisine en débit réduit – plafonnée à 40 watts en grand débit. Ceux-ci doivent être facilement accessibles pour faciliter les opérations de nettoyage et de maintenance.

Il est à noter que les différents aérateurs motorisés doivent être asservis afin de garantir un fonctionnement ou un arrêt simultané de l’ensemble.

Le choix des aérateurs

Dans une installation de ventilation mécanique répartie, il est conseillé d’utiliser des aérateurs fonctionnant de manière permanente pour une meilleure efficacité. Le débit de certains de ces appareils peut être ajusté manuellement (par exemple : 15, 30 ou 45 m³ / heure) ou automatiquement en fonction du taux d’humidité présent dans l’air intérieur (détection hygrométrique). Pour limiter la gêne acoustique, il est essentiel de choisir des appareils dont le niveau sonore (en décibels) est le plus bas possible.

Le contrôle de l’installation

Une ventilation mécanique répartie doit permettre une aération générale et permanente du logement. Il est donc essentiel que les flux d’air sont constants et conformes à la réglementation en vigueur (arrêté du 24 mars 1982) :

Débits d'air selon le nombre de pièces du logement - Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements
Débits d’air selon le nombre de pièces du logement – Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements

L’installateur ou la personne chargée de la maintenance doivent donc vérifier la quantité d’air amenée par les entrées passives et extraite par les aérateurs motorisés. Le contrôle doit également porter sur les bruits et vibrations générés par les moteurs.

L’entretien d’une VMR

En plus de la vérification périodique du bon fonctionnement des aérateurs reliés électriquement, il est nécessaire de les nettoyer et dégraisser au minimum deux fois par an dans les sanitaires et une fois par trimestre dans la cuisine. Ce nettoyage s’effectue à l’aide d’une éponge humide, si besoin imprégnée d’eau savonneuse. Évidemment, les aérateurs ou leurs composants ne doivent pas être plongés dans l’eau ou nettoyés à l’aide d’un jet à haute pression.

De leur côté, les grilles permettant l’entrée de l’air extérieur doivent aussi être nettoyées, deux fois par an au minimum, pour conserver leurs caractéristiques de débit.

Enfin, si l’installation nécessite la pose de conduits rigides ou semi-rigides pour relier les bouches d’extraction à l’extérieur, ceux-ci doivent également être entretenus régulièrement à l’aide d’un furet ou d’une brosse adéquate.

Quel est le prix de la pose d’une VMR ?

Selon la marque et la qualité des aérateurs, et s’ils sont hygroréglables ou non, il faut compter entre 100 € et 300 € unitaire. Le nombre de pièces à équiper conditionne donc le coût total du matériel. Il faut ajouter à cela le tarif d’une installation qui se chiffre à environ 2 000 € par un professionnel.

Les avantages de la ventilation mécanique répartie

Ils sont multiples et portent sur plusieurs aspects : consommation énergétique, niveau sonore, facilité d’installation, hygiène. Ainsi, dans le détail, une VMR :

  • consomme peu d’électricité pour fonctionner ;
  • s’encrasse peu, ce qui facilite son entretien, d’autant que les aérateurs sont accessibles et facilement dépoussiérables ;
  • est peu bruyante : moins de 30 dB en petite vitesse pour chaque aérateur et absence de gaines transmettant le son d’une pièce à l’autre ;
  • est facile à installer car aucune gaine ni local dédié ne sont nécessaires ;
  • est relativement efficace pour renouveler l’air d’un logement, même si elle n’atteint pas les performances d’une VMI ou d’une VMC double flux. Les débits d’air générés par une VMR peuvent s’avérer suffisants dans un grand nombre de logements pour évacuer l’humidité concentrée ;
  • limite les risques liés à la prolifération de germes à travers les gaines.

Les inconvénients de la ventilation mécanique répartie

Tout d’abord, comme expliqué précédemment, une VMR ne peut pas être installée dans une construction neuve, car elle ne répond pas aux dernières réglementations thermiques. En effet, l’air provenant des pièces extérieures n’est pas réchauffé comme il peut l’être dans une installation VMI ou VMC double flux. Cet air, frais ou froid, engendre une perte calorifère, et donc énergétique, en hiver.

Même si elle ne nécessite pas de passages de gaines et d’installation d’un bloc moteur dans un local dédié, la VMR impose la création d’ouvertures :

  • pour faire entrer l’air extérieur dans les pièces de vie, via la pose de grilles au dessus des fenêtres ;
  • pour extraire l’air vicié des pièces de service, via la pose d’aérateurs reliés électriquement.

Par ailleurs, son entretien est un peu fastidieux car chaque aérateur doit être nettoyé avec soin au moins deux fois par an. Enfin, côté esthétique, il est à noter que les aérateurs indépendants sont plus encombrants que de simples bouches d’extraction puisqu’ils embarquent un moteur électrique.

Les différences entre VMR, VMC et VMI

Comme une VMC, la VMR extrait mécaniquement l’air vicié humide pour permettre son renouvellement, créant une dépression. La VMI, ventilation mécanique insufflée, fonctionne de manière inverse : l’air frais est envoyé mécaniquement dans le logement grâce un moteur centralisé, créant une surpression, et l’air vicié ressort de façon naturelle par des grilles d’aération.

Ensuite, alors que la VMC et la VMI nécessitent des gaines pour relier les pièces au système d’extraction ou d’insufflation, la VMR comporte un aérateur indépendant par pièce. Cela la rend donc particulièrement intéressante pour une rénovation, quand les deux autres systèmes s’avèrent complexes à installer et trouvent surtout leur place dans un programme neuf ou dans un logement adapté.

Enfin, contrairement à une VMC double flux ou à une VMI, qui filtrent et préchauffent l’air extérieur avant de le réinjecter dans l’habitat, la VMR fait rentrer de l’air à température ambiante, potentiellement froid selon la saison.

Déposer un commentaire / une question