VPH : la ventilation positive hygrorégulée

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par Les Experts de l'humidité

Si vous cherchez à renouveler l’air de votre logement grâce à un système de ventilation permettant d’amener mécaniquement de l’air propre en son sein, vous avez le choix entre la ventilation mécanique insufflée, ou VMI, la VMC double flux, mais aussi la ventilation positive hygrorégulée, ou VPH.

Qu’est-ce que la ventilation positive hygrorégulée ?

Concentration d'humidité en haut des murs © Humidite.Pro
Concentration d’humidité en haut des murs © Humidite.Pro

Comme tout système de ventilation, la VPH a pour objectif d’améliorer les conditions d’ambiance intérieure, en assurant le confort et la santé des occupants et en préservant le bâti.

La ventilation positive hygrorégulée fait partie de la famille des ventilations mécaniques par insufflation (VMI, VPH, VMC double flux), au contraire des ventilations mécaniques par extraction (VMC simple flux, VMR). C’est à dire qu’à l’aide d’un moteur, elle puise un débit d’air constant et maîtrisé à l’extérieur du logement pour l’envoyer à l’intérieur, créant dans le bâtiment une surpression compensée par des sorties d’air passives.

Grâce à cette pression positive, l’air pollué est chassé, ce qui permet un renouvellement visant à éliminer les concentrations d’humidité, mais également les poussières, odeurs, composés organiques volatils (COV), etc. Un air plus sec et renouvelé permet d’éviter l’apparition de moisissures, champignons, germes, acariens… provoquant des allergies et autres pathologies, ainsi que des dommages sur le mobilier et le bâtiment.

À savoir : l’acronyme VPH est une marque qui peut aussi signifier Ventilation Positive pour l’Habitat ou Ventilation Positive Hygroréglable.

Principe de fonctionnement d’une VPH

La ventilation positive hygrorégulée est la solution de ventilation positive par insufflation la plus simple à mettre en œuvre. En effet, elle repose sur un système d’insufflation centralisé, situé en un seul point du bâtiment à équiper.

Ce système se rapproche fortement de celui de la ventilation mécanique insufflée (VMI) mais, dans cette dernière, l’apport d’air neuf est plutôt décentralisé. C’est à dire qu’il est diffusé dans différents points du bâtiment via un réseau de conduits.

Le dispositif de la VPH est constitué d’un caisson motorisé de ventilation, relié à une prise d’air en toiture ou en façade, voire dans les combles. L’air extérieur, aspiré à l’intérieur de ce caisson, est filtré et purifié (à l’aide de filtres de type G4, F7 ou filtres à charbon). Il est ensuite réchauffé à l’aide d’une résistance à une température située entre 15 et 18°C. Enfin, il est insufflé en un seul point de diffusion, idéalement positionné au centre du logement.

La circulation d’air se fait naturellement, de ce point d’insufflation aux sorties d’air passives situées dans les différentes pièces de la maison (ouvertures sur les fenêtres et grilles d’extraction). L’intégralité du logement est donc balayé par l’air renouvelé. Pour optimiser cette circulation, il faut veiller à ne pas obturer les différents passages de transit entre les pièces.

Depuis un seul point de ventilation haute, chaque pièce est desservie grâce au flux d’air qui se propage naturellement.

Usage de la VPH

De part sa simplicité d’installation et son encombrement réduit, la VPH trouve sa place dans tous types de maison. Cependant, il ne s’agit pas de la solution de ventilation la plus efficace. Elle est donc plutôt préconisée pour un usage en rénovation ou dans les logements de taille réduite, lorsqu’il n’est pas possible d’utiliser une VMC.

Comment installer une VPH ?

Schéma d'installation VPH
Schéma d’installation VPH

La mise en place du caisson motorisé

L’installation d’une VPH est simple, car il suffit de mettre en place un caisson contenant le moteur au plafond ou dans les combles et de le relier à une prise d’air neuf extérieure, sur un mur ou en toiture.

L’espace contenant le caisson doit être libre d’accès et éclairé afin de permettre la maintenance de l’appareil, et notamment le changement du filtre. Pour éviter le désagrément sonore des vibrations, il est conseillé de placer le caisson en hauteur (suspendu) ou de le séparer du sol par un matériau amortissant.

Prise d’air et diffusion

Ce caisson est relié par un conduit à une prise d’air extérieur. Cette prise d’air doit être protégée et étanchéifiée afin d’éviter les infiltrations.

L’air filtré et réchauffé est amené au sein du logement, soit par une sortie d’air directe située sur le caisson, soit par un conduit relié par piquage au caisson et à l’extrémité duquel est placé un diffuseur.

L’air frais, sortant de ce diffuseur, circule alors dans le bâtiment et chasse l’air vicié qui ressort par les aérations naturelles, déjà présentes ou à ouvrir, par exemple au niveau des fenêtres.

Important ! Des passages de transit entre les pièces du logement doivent être prévus. Ceux-ci permettront la circulation de l’air même lorsque les portes de communication sont closes. Ces passages de transit se situent en bas des portes, dont certaines auront peut-être besoin d’être détalonnées de 1 ou 2 cm.

De manière générale, la pose d’une VPH ne s’improvise pas. Il faut que l’installation soit pensée pour optimiser la circulation de l’air dans tout le logement. La surpression ne doit pas engendrer des phénomènes de condensation à certains endroits, l’humidité présente ne pouvant s’échapper par les sorties d’air passives.

Concernant les débits d’air extraits, il est nécessaire de respecter la législation en vigueur et l’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements :

Débits d'air selon le nombre de pièces du logement - Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements
Débits d’air selon le nombre de pièces du logement – Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements

Le matériel (prise d’air, caisson, diffuseur, éventuellement conduits et raccords) ainsi que la nécessité de travaux légers de maçonnerie font qu’il est préférable de faire appel à un professionnel pour poser ce type de dispositif. Celui-ci pourra également fournir des conseils sur l’emplacement du caisson, du diffuseur et des sorties d’air passives (dont certaines pourront d’ailleurs être percées à cette occasion).

Quel est le prix d’une VPH ?

Concernant le coût de l’installation, le matériel nécessaire se chiffre à 700 € minimum et dépend principalement de la marque, de la puissance et de la qualité du moteur. Son dimensionnement varie en fonction du volume du logement. Il existe également des versions connectées qui peuvent coûter plus cher mais qui permettent de suivre la qualité de l’air intérieur de son logement en temps réel.

À cela, vous pouvez ajouter entre 2 500 et 5 000 € pour la pose par un professionnel, fortement recommandée. Côté entretien enfin, les filtres sont à nettoyer ou remplacer une fois par an environ, et le moteur doit être contrôlé régulièrement pour garantir sa pérennité. Le coût du contrat de maintenance est à ajouter au coût global du projet

Les avantages d’une ventilation positive hygrorégulée

Si elle est installée dans les règles de l’art, en prenant bien en compte l’architecture du bâtiment et son isolation existante, la VPH possède plusieurs avantages.

Tout d’abord, son installation est relativement simple et prend un espace limité au sein du logement. Elle donc souvent conseillée pour les logements en rénovation, ne disposant pas de place pour un réseau de conduits d’arrivée ou d’extraction d’air. La remarque est la même pour le logements dont la taille trop réduite ne permet pas l’installation d’une VMC

Le système permet ensuite de purifier de façon relativement efficace l’air intérieur en injectant de l’air extérieur « propre », dont les pollens et autres polluants notamment ont été filtrés en amont. Bien sûr, l’efficacité du renouvellement de l’air n’est valable que si le système est régulièrement et convenablement entretenu.

À ce renouvellement de l’air s’ajoute des performances thermiques. En effet, l’air entrant étant également tempéré, la VPH permet de réaliser des économies d’énergie, jusqu’à 10 % par an. Néanmoins, la consommation électrique engendrée par la résistance de chauffage peut atténuer les effets de cette économie d’énergie. Dans tous les cas, un logement plus sec s’avère plus facile à chauffer.

Les inconvénients d’une ventilation positive hygrorégulée

Une mauvaise installation d’une ventilation positive hygrorégulée peut éventuellement entraîner des dommages non prévus sur le bâtiment et ses embellissements. En effet, la surpression engendrée par l’amenée d’un air neuf plus sec exacerbe nécessairement le besoin de « chasser » l’air humide présent au sein du bâtiment. En l’absence d’aérations suffisamment dimensionnées ou en présence d’une isolation défaillante, il peut y avoir un phénomène de condensation sur les parois intérieures.

D’autre part, le fait de ne disposer que d’un seul point de diffusion de l’air neuf dans toute la maison peut engendrer des zones « mortes », où l’air ne circule pas suffisamment. Le système n’est pas adapté aux grandes surfaces, à moins de mettre en place plusieurs caissons.

Évidemment, comme tout système de ventilation mécanique, la VPH nécessite un entretien régulier du matériel, et notamment un changement annuel des filtres. Il est à noter également qu’une VPH nécessite une alimentation électrique continue pour aspirer, et surtout réchauffer via une résistance, l’air extérieur, ce qui en fait un système plus énergivore qu’une VMC double flux. Une solution, néanmoins peu simple à mettre en œuvre, pour réduire cette consommation électrique est de coupler la VPH à un dispositif de puits climatique.

Enfin, côté esthétique, le caisson moteur n’est pas le plus gracieux du monde. Il est donc préférable de le cacher dans les combles ou dans un local dédié, tout en laissant un accès facile et dégagé pour les opérations de maintenance.

Qu’est-ce qui différencie la VPH de la VMI et de la VMC double flux ?

Comme la VPH, la ventilation mécanique insufflée (VMI) permet de ventiler un bâtiment en y apportant de l’air extérieur. Toutefois, ce dernier système est plus évolué car il suppose de relier le moteur central à des gaines et des bouches de soufflage. Son installation s’avère de fait plus complexe et plus onéreuse, mais la VMI demeure, sur le principe, plus performante car elle optimise la circulation d’air au sein du logement.

Les deux systèmes, VPH et VMI, sont dans tous les cas moins efficaces qu’une VMC double flux. Cette dernière maximise encore plus la circulation de l’air par l’usage de bouches de soufflage et de bouches d’extraction. Mais, surtout, elle possède des performances énergétiques et thermiques supérieures grâce au système d’échangeur double flux qui permet de récupérer les calories contenues dans l’air vicié avant qu’il ne soit expulsé du bâtiment.

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