Humidité du sol et des murs : causes et traitements

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par Les Experts de l'humidité

L’humidité présente dans les murs, et éventuellement sur le sol, de la cave, du sous-sol ou des pièces du rez-de-chaussée peut avoir plusieurs causes, nécessitant chacune un traitement différent. Pour identifier l’origine du problème, il est impératif d’analyser les traces d’humidité et de les confronter avec leur environnement : terrain sur lequel est installé la maison, circuits d’évacuation des eaux pluviales, matériaux et année de construction, présence d’isolation et de ventilation performantes… L’évaluation n’est pas complète sans une prise de mesure du taux d’humidité au sein des matériaux concernés.

Nota bene : nous ne traitons pas ici des problèmes liés à une fuite de canalisation ou une mauvaise ventilation des pièces concernées. Il s’agit ici d’analyser les remontées ou infiltrations d’eau présente dans le terrain sur lequel est installée la construction.

L’humidité et le bâti : une cohabitation à organiser

Humidité sur un mur - Shutterstock

Dans tous les cas, des traces d’humidité dans une cave ou au pied des murs des pièces du rez-de-chaussée (pour les maisons sans cave ou vide-sanitaire) signifient qu’il y a de l’eau présente en sous-sol, à profondeur immédiate ou moyenne. Cette eau s’infiltre dans les murs, selon des mécanismes physiques plus ou moins complexes, et cherche à en sortir : c’est le principe de la perspiration.

L’accélération des nouvelles constructions, la « bétonisation » de notre environnement (rues, trottoirs, terrasses…) a conduit à emprisonner une bonne partie de l’humidité contenue en sous-sol. Celle-ci ne pouvant plus s’évaporer par les sols, elle est passée par d’autres chemins. Depuis que l’homme construit des bâtiments, il a toujours du et su composer avec l’eau présente dans le sol, le principe étant plus de la guider pour permettre son évacuation plutôt que de bloquer son cheminement.

À partir des années 1950-1960, les normes de construction ont imposé diverses obligations pour lutter contre l’humidité des murs : mise en place de vides sanitaires et installation de barrières d’étanchéité au niveau des fondations et des murs porteurs (arases étanches). Malheureusement, en raison de malfaçons ou d’un manque d’efficacité suffisante de ces solutions, des maisons récentes peuvent encore être touchées par ces problèmes d’humidité. Et les maisons anciennes, ne bénéficiant pas de ces dispositifs et confrontées à un environnement moins favorable, sont également de plus en plus sensibles à l’humidification des murs et des sols.

Quelles sont les causes des remontées d’humidité provenant du sol ?

Les remontées capillaires

Remontées capillaires - Salpêtre - Shutterstock

L’humidité présente dans le sol remonte par capillarité dans les murs constitués de matériaux poreux.

Attention, même s’il s’agit d’humidité ascensionnelle, les remontées capillaires ne sont pas un simple effet de mèche. Elles résultent de la conjonction de plusieurs phénomènes : mouvements d’eau en sous-sol générant des micro-particules humides se chargeant en sels minéraux, présence de capillaires fins dans le sol et les matériaux constituant les murs, différence de polarité entre le sol humide et le mur sec engendrant une migration de l’eau en hauteur.

Des remontées capillaires peuvent se produire même si l’eau présente en sous-sol (nappe phréatique, rivière souterraine…) n’est pas en contact direct avec les fondations. Les traces d’humidité peuvent facilement remonter jusqu’à 1,50 mètres sur la hauteur du mur, voire plus si un produit d’étanchéité a été appliqué.

La pression hydrostatique

L’eau contenue dans le terrain effectue une pression latérale sur les murs de la cave ou d’un rez-de-chaussée semi-enterré, provoquant des infiltrations et une humidification des murs.

Ce phénomène se rencontre dans les terrains gorgés d’eau par la présence d’une nappe phréatique ou d’un cours d’eau souterrain. Il est aussi présent dans les maisons bâties sur un terrain en pente.

L’infiltration des eaux de ruissellement

Ces infiltrations peuvent se produire si les murs constituant les fondations et le rez-de-chaussée du logement ne sont pas suffisamment étanchéifiés, sans nécessairement qu’il y ait une présence d’eau permanente sous la maison. L’eau arrive au contact de ces murs suite, par exemple, à la chute ou au rejaillissement des eaux de pluie. Elle s’infiltre ensuite à travers les micro-fissures et porosités puis humidifie les murs intérieurs.

Ce phénomène est accentué lorsque la maison est bâtie sur une couche de terrain perméable fine posée sur une couche imperméable (argile, limon), ou alors sur un terrain en pente ou en cuvette.

L’effet de mèche

L’eau du terrain est en quelque sorte aspirée par les murs poreux, comme un sucre maintenu à la surface d’un liquide.

Au contraire des remontées capillaires, ce phénomène d’humidité ascensionnelle est plus simple à comprendre, et généralement à traiter. L’eau peut être présente en sous-sol de façon permanente (nappe phréatique) ou temporaire (eau pluviale). Elle est en contact direct avec les matériaux de construction et n’est pas ou peu chargée en sels minéraux. Elle remonte souvent moins haut dans les murs que dans le cas de remontées capillaires (1 mètre maximum).

Comment traiter les remontées d’humidité provenant du sol ?

Drainage extérieur - Shutterstock - Dmitrii Pridannikov

À chaque cause ses solutions ! Il est très important de bien analyser les problèmes d’humidité et d’en trouver les causes. Car la mise en œuvre de certains traitements, parfois coûteux, peut aller à l’encontre des solutions permettant de résoudre le problème. Chaque traitement contre l’humidité modifie le cheminement naturel de l’eau et peut avoir des conséquences insoupçonnées sur d’autres parties du bâtiment ou du terrain.

Parfois, un traitement seul ne suffira pas à éliminer totalement les problèmes d’humidité. Une ventilation et/ou une isolation performantes aideront fortement à réduire les concentrations d’humidité et leurs conséquences.

Causes des problèmes d’humiditéTraitements adéquats
Remontées capillaires
– Injection de résine hydrophobe
– Électro-osmose ou phorèse
– Inverseur de polarité
– Membrane d’étanchéité avec saignée murale
Infiltrations des eaux de ruissellement ou
Pression hydrostatique légère
– Drainage périphérique + étanchéification des murs extérieurs
– Éventuellement siphon atmosphérique
Pression hydrostatique importante– Cuvelage (étanchéification des murs intérieurs)
– Drainage intérieur
Humidité du sol : causes et traitements

L’injection de résine hydrophobe

Trous d'injection de résine

Technique la plus couramment mise en œuvre du fait de sa polyvalence, l’injection de résine crée une barrière étanche au sein des murs traités. Les particules de résine siliconée durcissent au contact de l’humidité et comblent la porosité des matériaux en bloquant les remontées d’humidité. Une fois la barrière étanche en place, le mur au dessus encore humide s’assèche en quelques mois.

Cette solution est utilisée couramment dans la lutte contre les remontées capillaires. Elle est adaptée aux murs pleins et réguliers des pièces du rez-de-chaussée (non enterrés, éventuellement semi-enterrés).

L’électro-osmose

Les dispositifs d’électro-osmose consistent à inverser le sens de migration de l’eau pour la chasser du mur. À l’aide d’électrodes fichées dans le murs, l’électro-osmose inverse la polarisation provoquant les remontées capillaires. L’eau n’est plus attirée vers le mur, mais repoussée vers le sol.

Différents systèmes existent, passifs, actifs ou phorèse, pour renforcer l’inversion de polarité et rendre la solution pérenne dans le temps. L’électro-osmose est utilisée dans le traitement des remontées capillaires. Elle est adaptée à tous les types de murs des pièces du rez-de-chaussée (non enterrés, éventuellement semi-enterrés).

L’inverseur de polarité

Inverseur de polarité StopRise

L’inverseur de polarité utilise le même principe physique que l’électro-osmose. Cependant, le dispositif ne nécessite pas d’électrodes plantées dans le mur. Un boîtier indépendant émet des ondes électromagnétiques de très basses fréquences permettant d’inverser la polarité des molécules d’eau.

L’inverseur de polarité est adapté à tous les types de murs des pièces du rez-de-chaussée (non enterrés, éventuellement semi-enterrés). et utilisé dans le traitement des remontées capillaires.

La mise en place d’une membrane d’étanchéité

Si la pose d’une arase étanche est une obligation pour les constructions nouvelles, les bâtiments anciens souffrants d’humidité ascensionnelle peuvent également en bénéficier. Cependant, la technique est risquée et nécessite d’être réalisée par un spécialiste de ce type de solution.

En effet, une saignée murale horizontale doit être réalisée au pied des murs à traiter. À l’intérieur de cette saignée est disposée une membrane d’étanchéité synthétique bloquant la remontée d’humidité. Le mur est ensuite remaçonné.

Cette solution est efficace pour lutter contre l’humidité ascensionnelle (remontées capillaires, effet de mèche) dans les murs du rez-de-chaussée, mais nécessite une grande application dans sa mise en œuvre.

Le drainage périphérique

C’est une solution courante et maîtrisée pour traiter les problèmes liées à l’humidité de surface, issue d’un trop-plein des eaux de ruissellement ou d’une pression hydrostatique légère. Le principe du drainage périphérique consiste à creuser une tranchée autour du bâtiment, puis d’y déposer un drain absorbant l’eau présente dans le sous-sol immédiat. Cette eau est ensuite canalisée vers un exutoire aménagé (puisard, réseau d’évacuation des eaux pluviales) ou naturel (cours d’eau, mare).

La réalisation d’un drainage va généralement de pair avec l’étanchéification des murs de fondation extérieurs de la maison, via un enduit bitumineux.

Le cuvelage

Le cuvelage est utile pour les maisons situées sur des terrains souvent gorgés d’eau ou se situant au-dessus d’une nappe phréatique ou d’une rivière souterraine. La technique du cuvelage consiste en rendre imperméable les murs en leur appliquant en enduit d’étanchéification puissant, ou mortier hydrofuge. Le cuvelage permet ainsi de protéger les caves et sous-sols contre les infiltrations latérales d’humidité provoquées par la pression hydrostatique.

Pour les maisons neuves, il est possible de réaliser un cuvelage extérieur performant, associé à un drain périphérique si la pression hydrostatique n’est pas trop importante. Pour les maisons anciennes, seul le cuvelage intérieur est possible à réaliser. Il s’agit d’une solution extrême puisque l’humidité se retrouve emprisonnée dans le mur, sans pouvoir s’évacuer par respiration. Cette technique est donc potentiellement source de fragilisation à long terme des murs de fondation. Elle peut même éventuellement provoquer un effet de mèche pour les murs de rez-de-chaussée du bâtiment (l’humidité s’échappant par le haut).

Le drainage intérieur

À l’instar du cuvelage, le dispositif de drainage intérieur permet également de traiter les conséquences de la pression hydrostatique, l’eau contenue dans le terrain effectuant une poussée latérale sur les murs de fondation de la construction.

Pour cela, un drain est posé à l’intérieur le long des murs, à côté de la semelle de fondation. Cette zone est la plus sensible à la pression hydrostatique. Le drain récupère l’eau qui s’infiltre et la dirige vers un exutoire, de type puisard, équipé d’une pompe de relevage pouvant être reliée au réseau d’évacuation toutes eaux.

Cette solution est préconisée dans les maisons anciennes, dans lesquelles les autres systèmes de lutte contre l’humidité ne peuvent pas être installés. Elle est efficace dans les pièces situées en sous-sol, enterré ou semi-enterré.

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