Drainage périphérique d’une maison

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par Les Experts de l'humidité

Le drainage périphérique (ou extérieur) est une solution viable et pérenne pour lutter contre de nombreux problèmes d’humidité présente au pied des murs d’une maison, notamment lorsque celle-ci est construite sur un terrain périodiquement gorgé d’eau. Cependant, pour une mise en œuvre réussie, des règles précises de pose et d’entretien sont à respecter.

Qu’est-ce que le drainage périphérique ?

Drainage extérieur - Shutterstock - Dmitrii Pridannikov
Drainage extérieur – Shutterstock – Dmitrii Pridannikov

En prévention ou en traitement curatif, le drainage extérieur (ou périphérique) d’une maison évite l’accumulation d’eau au niveau des fondations et des pieds de murs. Ce dispositif permet de lutter contre les phénomènes d’infiltrations latérales, voire d' »effet de mèche » ou de pression hydrostatique légère entraînant des problèmes d’humidité à l’intérieur de la maison.

Concrètement, la finalité d’un drainage périphérique consiste à capter l’eau présente dans le sous-sol immédiat, à la base des murs extérieurs de la maison, et à la canaliser à l’écart, vers le réseau public des eaux pluviales, dans un puisard ou dans un exutoire naturel.

Un drainage périphérique est constitué de tuyaux perforés ou poreux, installés en profondeur le long des murs extérieurs de la maison. Ces tuyaux, appelés également drains, captent l’eau et la dirigent vers un exutoire adapté : tout-à-l’égout, puisard, épandage, ruisseau, mare…

Pourquoi drainer une maison par l’extérieur ?

Installer un drainage périphérique est une solution particulièrement efficace pour lutter contre les infiltrations ou la présence d’humidité dans les murs provoquées par la concentration des eaux de pluie ou de ruissellement au pied de la maison. Elle permet de faire respirer les murs, de les assécher et d’éviter leur dégradation lente due à la présence de cette humidité persistante.

Les problèmes d’humidité par le sol se concrétisent notamment par des traces au bas des murs de la cave ou du rez-de-chaussée. Cette humidité entraîne la dégradation des revêtements muraux (peinture, enduit, papier peint…) et l’apparition de moisissures et de champignons. En outre, un taux d’humidité trop élevé peut engendrer des allergies et autres pathologies chez les occupants.

Les types de maison et de terrain adaptés au drainage périphérique

Le drainage extérieur est préconisé évidemment pour les nouvelles constructions, mais aussi pour les maisons en rénovation. Il est particulièrement indiqué pour les maisons se trouvant sur un sol argileux ou limoneux, retenant l’humidité. Un drainage extérieur est particulièrement utile lorsque le terrain est constitué d’une couche peu perméable surmontée d’un sol perméable.

Si une étude hydrogéologique est préalablement menée et qu’il y a la possibilité d’aménager un exutoire adapté, le drainage périphérique peut s’avérer une solution anti-humidité efficace pour de nombreux types de bâtiments, même construits sur un terrain en pente.

Les situations dans lesquelles le drainage est déconseillé

Le drainage périphérique n’est pas la solution à tous les problèmes d’humidité venant du sol. La mise en place d’un drainage peut même s’avérer inadaptée, voire dangereuse, en créant une nouvelle circulation de l’eau non contrôlée en sous-sol.

C’est le cas notamment si le terrain est trop perméable ou en présence d’une nappe phréatique affleurante ou à faible profondeur provoquant une pression hydrostatique. Le drainage périphérique n’est également pas la solution adéquate pour les remontées capillaires, dont l’origine se trouve plus en profondeur et qui est la conséquence de phénomènes physiques spécifiques.

Comme, pour être pleinement efficace, le drain doit faire le tour complet de la maison, le drainage extérieur est une solution difficile à envisager dans le cas de maisons jumelées ou si une tranchée ne peut être réalisée le long d’un mur. Par ailleurs, la nécessité de terrassement suppose l’emploi d’engins de chantier. Vous devez donc détenir un espace suffisant pour leur manœuvre tout autour de la maison. Si ce n’est pas le cas, la solution du drainage par l’extérieur doit être écartée.

Enfin, un drainage extérieur nécessite obligatoirement un exutoire capable d’absorber l’eau captée par les drains. S’il n’est pas possible d’aménager cet exutoire, l’installation d’un drainage périphérique ne pourra être envisagée.

Dans l’impossibilité de créer un drainage efficace, il est possible de s’orienter vers des techniques de drainage intérieur ou de cuvelage.

La réalisation des travaux de drainage

Plusieurs étapes de travaux sont nécessaires afin de poser un système de drainage à l’extérieur de votre maison. Ces étapes doivent impérativement être respectées, faute de quoi l’efficacité obtenue ne sera pas suffisante. Dans tous les cas, la conception des réseaux de drainage et des tranchées drainantes doit être conforme au référentiel NF DTU 20.1.

Étude préalable du projet

La réalisation d’un drainage extérieur n’est pas un projet à envisager à la légère, notamment dans le cadre d’une rénovation. En effet, il faut impérativement contrôler que cette solution est adaptable sur le terrain concerné et qu’elle résoudra véritablement les problèmes liés à l’humidité.

Une étude préalable est donc indispensable pour s’assurer de la viabilité du projet. Cette étude peut être menée par le professionnel chargé des travaux, qui fera appel à un géotechnicien et aux données fournies par les services de l’État. L’étude portera sur la nature du sol, ses différentes couches et ses caractéristiques mécaniques. La topographie du terrain et de ses différentes composantes doit également être analysée, ainsi que tous les éléments concernant le bâti à protéger (notamment les matériaux utilisés pour les parois et les fondations) et les exutoires à créer.

Il est tout-à-fait possible que cette étude mette en lumière l’impossibilité d’installer un drainage extérieur en raison d’un sol inadapté, de la présence à faible profondeur d’une nappe phréatique, de l’inefficacité à court et long terme de cette solution ou encore de la difficulté à relier le drain à un exutoire adapté.

Creusement de la tranchée

En toute logique, la pose du drain est précédée par le creusement d’une tranchée. Cette dernière doit permettre de placer le drain sous le niveau de la dalle, tout en restant au-dessus des fondations. L’idéal est de poser le drain sur la semelle des fondations. Cela occasionne le plus souvent une profondeur comprise entre soixante centimètres et un mètre.

Par ailleurs, la tranchée doit respecter une pente de trois à dix millimètres par mètre vers l’exutoire afin de favoriser l’écoulement naturel de l’eau. Attention, une pente trop forte provoquera l’érosion du sol environnant.

À noter que, dans le cas d’une maison ancienne, dépourvue de fondations, d’un sol sensible au phénomène de retrait / gonflement des argiles, ou encore d’un terrain en pente, il est recommandé de creuser cette tranchée à un ou deux mètres du mur sous peine de fragiliser la stabilité du bâtiment. De manière générale, il est essentiel de creuser la tranchée en prenant garde à ne pas dégrader les fondations existantes.

Imperméabilisation des murs extérieurs mis à nu

Les murs extérieurs mis à nu doivent être imperméabilisés avec un enduit épais d’imperméabilisation bitumineux. L’usage éventuel de nappes de renfort permet de répartir la poussée des remblais et de diriger l’eau vers le drain.

Préparation du sol pour accueillir le drain

Un géotextile est à positionner au fond de la tranchée, en veillant à laisser dépasser une longueur suffisante pour en recouvrir le dessus avant de finaliser le remblaiement. En effet, l’objectif final est d’entourer le drain et les granulats d’un géotextile afin d’éviter l’entrée de particules fines dans le drain.

Une première couche de granulat (5-10 cm de diamètre) est ensuite ajoutée afin de rendre la surface plus stable. Si vous optez pour une pose de drain à côté des fondations et non sur leur semelle, vous pouvez couler un lit de béton de propreté, ou béton maigre, au fond de la tranchée, en respectant la pente définie précédemment.

Pose du drain

Le drain, dont le diamètre minimal recommandé est de 10 centimètres, est ensuite déposé au fond de la tranchée. Plusieurs matériaux pour le drain sont disponibles : terre cuite, PVC rigide perforé ou béton poreux. Par contre, les drains agricoles en PVC souple ne sont pas adaptés à cet usage car ils ne permettent pas de garantir la pente nécessaire.

Trois éléments importants concernant la pose du drain :

  • à chaque changement de direction important ou au raccord entre deux drains, il est nécessaire d’installer un regard de visite ;
  • un drain doit être ventilé afin d’éviter le développement de moisissures et de végétaux menant à son obstruction. Cette ventilation peut être réalisée au niveau de l’exutoire et via la pose d’une cheminée spécifique ;
  • un drain n’est pas un réseau d’eaux pluviales ! Il ne doit pas y être raccordé sous peine de le voir noyé lors de fortes pluies (il ne remplirait alors plus son rôle de drainage).

Raccordement à l’exutoire

Le drain doit être raccordé à un exutoire dédié, sans lequel l’eau stagnerait dans la tranchée, rendant le drainage inutile voire contre-productif. Cet exutoire peut se matérialiser sous différentes formes, selon la configuration et la viabilisation du terrain :

  • un puisard ;
  • un collecteur d’égout ;
  • un épandage souterrain ;
  • un exutoire naturel.

Si nécessaire, une pompe de relevage pourra être couplée à l’exutoire afin d’évacuer l’eau à l’écart de la maison.

Remblaiement de la tranchée

Pour le remblaiement de la tranchée, il est impératif d’utiliser des matériaux filtrants, tels que des granulats légers, jusqu’à dix voire vingt centimètres du terrain naturel. L’opération de remblaiement s’effectue par couches successives, en disposant les plus gros au fond, recouverts par les plus petits, et en terminant par du sable. Les graviers recommandés possèdent une granulométrie de 10/20 ou 20/40, les gravillons plutôt 5/15.

Les granulats sont ensuite recouverts par le géotextile placé en attente. Enfin, le remblais est finalisé avec de la terre végétale, en veillant à créer, sur vingt centimètres de largeur en partant du mur, une bande de graviers qui permettra d’évacuer les eaux pluviales vers le drain.

Combien coûte un drainage extérieur ?

Au vu des nombreuses étapes nécessaires à la réalisation d’un drainage extérieur, le coût est influencé à la fois par la taille de la maison et les matériaux, ainsi que la main d’œuvre si vous faites appel à un professionnel, notamment pour le terrassement.

En règle générale, il faut compter entre 5 000 et 15 000 € au total pour une maison, soit 200 à 400 € par mètre linéaire, avec une répartition comme suit :

  • terrassement de la tranchée : de 25 à 60 € le mètre cube ;
  • béton de propreté : environ 10 € par mètre linéaire ;
  • géotextile : de 1 à 1,5 € le mètre carré ;
  • drain : de 1 à 2 € le mètre linéaire ;
  • matériaux de remblais : de 40 à 120 € la tonne selon le type ;
  • remblaiement : de 15 à 50 € par mètre cube ;
  • exutoire de type puisard ou regard : de 15 à 31 € l’unité.

Pour s’affranchir des coûts de main d’œuvre, vous pouvez envisager de réaliser les travaux vous-même, en louant une mini-pelle. Attention cependant : l’intervention d’un professionnel bénéficie d’une garantie qui permet de couvrir toute malfaçon, et celui-ci possède les compétences requises, notamment pour choisir le type de drain à privilégier en fonction de l’étude technique préalable (voir plus haut). Faire l’impasse sur cette option peut donc se révéler être un mauvais calcul !

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